Pour répondre à vos questions à propos de la VAE "petite enfance"



Marlène Schiappa : bientôt une VAE  (validation des acquis de l'expérience) des jeunes parents pour des diplômes petite enfance

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lesprosdelapetiteenfance.fr/marlene-schiappa-bientot-une-vae-des-jeunes-parents-pour-des-diplomes-petite-enfance
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La question la plus importante : quelle est la priorité du gouvernement ? Quels sont les buts d’une telle décision?

Nous voudrions que le but premier du gouvernement soit avant tout le bonheur et le bien-être des enfants… mais il est reconnu que les enfants ont avant tout besoin de leur maman.
Avant de distribuer des Vae et de voir les femmes s’occuper des enfants des autres, peut-être faudrait-il aider les mamans à avoir le choix de prendre soin et de faire grandir elles-mêmes leurs propres enfants.

Alors quelle sont les vraies raisons ?
Il semble que le but de cette action soit de régler de façon rapide un triple problème : 

-         1)  Trouver coûte que coûte des nounous pour que la maximum de femmes partent travailler hors de chez elles, quitte à oublier beaucoup de leur responsabilité et de leur rôle de mère et satisfaire au besoin d'un certain féminisme.

-         2) Régler un des problèmes des banlieues en proposant un diplôme à toutes les femmes ayant élevé des enfants.  On peut se demander ici: quelle sera la valeur du diplôme ? La formation requise ?
Tout dépend de la volonté du gouvernement. Veut-il confier bébés et enfants  à des personnes vraiment adaptées aux enfants dont elles vont avoir la garde ou simplement boucher les trous de l’offre et de la demande ? 

-         *3) Gagner le maximum d’argent en faisant travailler le plus de femmes possibles : les nounous et les mamans cotisant pour l'Etat, chacune de leur côté.

La Vae est une bonne chose si elle vient couronner une aide essentielle de l'Etat pour reconnaître la beauté et la grandeur du rôle de la mère au foyer. Mais l’Etat doit avant tout l’aider dans sa tâche de première responsable de la vie, de la sécurité et de l’éducation de ses enfants, de manière aussi bien matérielle, financière que sociale.

Mon avis :
Les enfants sont comme toujours les grands oubliés de l’histoire. Ils ont avant tout  besoin de leur maman, de sa présence, de sa tendresse, de son autorité à partager avec le père de famille.
Les enfants ne sont pas un poids. Ils sont le cadeau le plus merveilleux que l'on a à chérir et à faire grandir. Ils sont la continuation de notre vie, de nos espoirs et de notre amour pour améliorer le monde dans lequel nous vivons.

Ils ne sont ni des objets ni simplement des consommateurs comme le veut la tendance actuelle.

Les enfants ont besoin d’un accompagnement journalier qui corresponde à la culture, aux habitudes, aux croyances, à l'histoire de leur famille.  N’importe quelle nounou ne peut pas faire l’affaire.
Aujourd’hui les parents, pour de multiples raisons choisissent de déléguer leur responsabilité à des personnes étrangères à la famille. Le manque de reconnaissance de la société, l’absence de transmission d’un savoir-faire et d’un savoir être vis-à-vis de leurs enfants, des besoins financiers (indispensables ou fabriqués)  nécessitant souvent un double salaire,  poussent les mères à rejoindre leur conjoint sur le marché du travail. 
C’est parfois une nécessité, parfois un alibi, et plus souvent qu’on ne le croit la fuite devant ce qui est difficile et que l’on ne veut pas apprendre à maîtriser car élever un enfant est à la fois un art, un don de soi et une œuvre magnifique. C’est aussi un domaine où la maîtrise et le résultats sont incertains car la liberté de nos enfants est égale à la nôtre.

La société ne va pas bien. Ses familles ne vont pas bien quand les couples éclatent, quand les burn out touchent les parents débordés et quand les enfants peu ou mal éduqués cherchent à se perdre dans les dérives qui passent à leur portée. 

Quelles solutions ?
Pas de meilleures nounous que les mamans. Il faut conforter et aider les femmes qui veulent faire ce choix au moins quelques années, revaloriser le rôle des mères au foyer, leur donner une allocation et des points de retraite.

Alors la VAE viendra couronner le savoir-faire des femmes au foyer,  non seulement par rapport à la petite enfance mais aussi comme « manager » de la petite entreprise qu'est la famille dès qu'elle devient famille nombreuse, comme « coach » lorsque l’on peut reconnaitre la réussite de chacun des membres de la famille, et puis aussi comme, institutrice, couturière, auxiliaire de vie ... suivant des critères adaptés aux réalités des différents rôles qu’elles exercent à la maison, et des formations complémentaires des métiers où elles excellent et qu’elles voudraient embrasser.

En conclusion :
La Validation des Acquis de l’Expérience dans le domaine de la petite enfance doit valider une politique visant au plus grand bien des enfants, en donnant vraiment le choix aux mamans qui le souhaitent de s’occuper elles-mêmes de leurs enfants pendant la durée de temps qu’elles auront choisi en accord avec leur conjoint. 

Elle ne doit pas être une nouvelle mesure bâclée, dont les effets secondaires seront encore pires que ceux que nous connaissons aujourd’hui, laissant encore plus  d’enfants démunis devant la vie qui les attend. Elle doit être le couronnement d'un savoir faire des mères de famille, porté par la société toute entière.

Brigitte Jacquelin 
Auteur du "Petit manuel de la femme au foyer" Le Centurion - avril 2017